Aliocha

ALIOCHA-Philippe-Mazzoni

Premier coup de foudre musical :

Quand j'avais 9 ans, mon grand frère m'a offert un album de Shania Twain. J'ai arrêté de l'écouter après que mes amis se soient foutu de ma gueule en m'entendant chanter "Man ! I feel like a  woman !" dans la cour d'école. 

Premier album acheté :

In Between Dreams de Jack Johnson. Plus tard, en commençant à jouer de la guitare j'ai acheté le bouquin de partitions et ça a été mes tous premiers covers.

Premier concert :

Bob Dylan à Londres avec mon oncle! Je peux pas dire que cela ait été une révélation, j'étais tout petit. Mais plus tard Dylan a été une influence incroyable pour moi. Je l'ai revu ensuite à Montréal.

Première chanson écrite : 

J'étais moniteur dans un camp de vacances et je jouais des chansons aux gamins le soir. J'ai fini par arriver au bout de mon répertoire de covers et pour m'amuser j'ai improvisé des accords et une mélodie sans le dire aux gamins (qui n'étaient pas de fins mélomanes). Le lendemain j'ai entendu un campeur fredonner l'air que j'avais composé la veille, ça m'a fait un effet fou. J'ai ensuite fini de composer la chanson pour l'ajouter à mon répertoire. C'était pas terrible..

Premier concert donné : 

C'était avec mon professeur de chant. J'avais 10 ans. J'ai chanté "Your Song" d'Elton John. Je ne me rappelle pas avoir eu le trac, par contre j'ai vomi avant tous mes premiers concerts avec le projet Aliocha. 

Premier album, Eleven Songs

J'ai composé l'album entre 17 et 21 ans alors on peut le voir comme un "coming of age album". Ce sont presque toutes des chansons dans lesquelles je m'adresse à quelqu'un, que ce soit un frère, une femme, un ami. Ça a été un long processus d'exploration pour finalement arriver à quelque chose de roots et sincère.

Premier métier envisagé :

Astronaute. Footballeur. J'aurais pu partager mon temps entre les deux. 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Jacques Duvall

Jacques Duvall-Marie France-Philippe-Mazzoni 2

LA POP

Je préfère le terme "variétés", dont je revendique fièrement le sens péjoratif.

LA PEUR

La peur est la meilleure amie de l'homme, disait John Cale. 

Et si un ami c'est quelqu'un qui n'hésite pas à vous appeler à quatre heures du matin, elle est assez pote avec moi, c'est certain.

LE PASSÉ

Où est-il passé, celui-là?

Bah, bon débarras après tout.

LES YÉ-YÉ

Du rock'n'roll de seconde main. Mais le rock'n'roll n'est-il pas du blues de seconde main?

L'ÉCRITURE

Dans mon cas c'est un besoin naturel. Du coup mon ambition de ne pas faire de la merde peut sembler paradoxale, je vous l'accorde.

DIEU

Encore lui?

Je croyais qu'il était mort.

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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H-Burns

H Burns-Philippe-Mazzoni

Kid We Own The Summer commenté par H-Burns

We Could Be Strangers

La naïveté à l’état pur, une chanson de l'après rupture.

I Wasn’t Trying To Be Your Man

On parle ici des faux semblant. C'est un témoignage de cet adage "suis moi je te fuis, fuis-moi je te suis"…

This Kind of Fire

Partir à la recherche du frisson.

Kid We Own The Summer

L’été déclinant, la jeunesse éternelle, l’avancée vers l’inconnu. J’essaye toujours de garder quelque chose de lumineux malgré une douce mélancolie que je ne souhaite cependant pas cultiver.

Naked

Suis-je encore capable de revivre ma jeunesse, même après la désillusion et les déceptions ?

White Tornado

Les réminiscences de l’album précédent, sur la métaphore des catastrophes naturelles. Ici, il s'agit de la tornade de la désillusion.

Minor Days

Los Angeles la nuit et ces jours sans grande importance, ce genre de période que l’on oubliera plus tard.

I Sail In Troubled Waters

La recherche d’une faille dans laquelle s’engouffrer.

Turn On The Party Lights

De l’ironie, de la tristesse, et l’idée de s’inscrire pour longtemps dans la mémoire de l’Autre.

Linger On
Un jeu de séduction, qui n’est qu’un jeu, mais que l’on accepte. Le dernier mot du clavier.

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Alister

Alister-Philippe-Mazzoni

Si j'étais...

Une ville ?

Cabourg. Le calme.

Une fleur ?

La rose noire. Elégante.

Une émotion ?

Le rire. Parce que c’est tout.

Un instrument ?

Le piano. Fait le ménage.

Un objet ?

Chausse-pieds. Chiant mais indispensable.

Une chanson de ton dernier album ?

"Cathédrale". La religion errante.

Une boisson ?

Le Fanta Orange. Joie permanente.

Un personnage historique ?

Socrate. Le tenancier.

Un autre chanteur ?

Aznavour. Impeccable branleur.

Un film ?

Un singe en hiver. Le Coran.

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Merci à l'hôtel Le Pigalle, à Paris.

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Mathieu Boogaerts

Mathieu Boogaerts 3-1

 

La Java, c'est du baume au coeur.

J’avais dit oui à l’époque d’I Love You, entre deux dates, sans réfléchir. On ne pouvait être que deux sur scène, sans lumière, aucune scénographie particulière... et le concert était hyper sensuel. Aussi parce qu'il n'y avait pas de batterie, donc beaucoup d’air, beaucoup d’espace. Le lendemain, sous le charme, j’ai demandé à faire d'autres dates. En tout, j’en ai fait 74. 

Les spectacles de la chanson, c’est une économie très fragile, parfois peu gratifiante. Mais avec la Java, cela fonctionnait. Tout le monde y gagnait: le public car la place étaitpeu chère, moi car je dormais chez moi, sans frais à débourser, et la salle en misant sur le mercredi... Chacun s’y retrouvait sans subventions.

Dès le mois de février 2017, chaque premier mercredi par mois me verra jouer à la Java... jusqu’à ce que mort s’ensuive !

 

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Trentemoller

Trentemoller-Philippe-Mazzoni

Je ne définis jamais un album avant qu’il ne soit terminé. J’écris et j’enregistre en même temps. Je fais tout dans un grand bordel, avec peut être quelques éléments au piano mais, très vite, je vais en studio pour les rythmes et la recherche sonore. Tout s’enchaine de chanson en chanson. Si je panique, je ne force rien, je rentre me coucher. Faire un album doit être un processus ouvert.

J’ai débuté dans les années 1990. Et c’est toujours aussi bien ! J’aime jouer, être en tournée, commencer à écrire une nouvelle chanson. Ce qui reste difficile, c’est de penser à la pression des gens : vont-ils aimer ou pas ? 

Pour moi, la musique est avant tout fictionnelle. C’est une autre histoire, même si on s’inspire de notre vécu. On s’imagine d’autres choses que nos propres vies. La musique te permet de créer ton propre film intérieur.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Barbagallo

Barbagallo-Philippe-Mazzoni 4

 

PREMIER INSTRUMENT

Je pense que c’était une batterie que je m’étais fabriqué à base de boites en ferraille des biscuits LU, des petits beurres… J’avais 5 ou 6 ans. Puis j’ai continué comme ça sur divers récipients. Alors mes parents m’ont inscrit dans un école de musique, à Albi, et j’ai commencé à étudier la batterie. C’était mon instrument principal jusqu’à mes 15 ans. Après, j’ai appris en autodidacte d’autres trucs…

MES INSPIRATIONS 

Entre mes 17 et 25 ans, j’écoutais beaucoup de musique britannique, Teenage Fanclub, Super Furry Animals, Oasis, et du côté américain c’était Weezer, les Flaming Lips. En murissant, je me suis beaucoup intéressé au folk, notamment à Neil Young. Et puis il y a eu Matthieu Boogaerts, dont je suis le plus grand fan. Et je ne serais pas honnête si je ne citais pas Genesis, qui passait beaucoup à la radio lorsque j’étais enfant. Le tout a nourri nourri mon imaginaire de musicien.

ECRIRE 

Je m’étais donné quelques mots clefs pour mes chansons, que je relisais de tant en temps pour me( re)mettre dans le bain. Je m’étais imposé de ne pas utiliser de métaphores… Je pensais beaucoup au côté prophétique des  phrases. Et je gardais un cahier des charges où se côtoyaient Eugène Guillevic, dont j’ai repris un poème sur l’album avec la chanson « Oubliez-moi », ou des auteurs comme Jean Echenoz. Ils ont des manières d’écrire très simples, qui regorgent d’informations sans en donner. J'ai voulu tendre vers cela, quelque chose d’assez dépouillé pour que les auditeurs puissent s’approprier les chansons le plus facilement possible.Tout en jonglant avec les mots.

... EN FRANÇAIS

Jusqu’à il y a trois ou quatre ans, j’utilisais l’anglais pour mes projets solos. Mais la pensée et la langue étaient très éloignés, et j’ai réalisé qu’il était temps de passer au français, d’aller au plus près de ce que j’ai envie de dire. Il y a aussi le fait que je sois parti vivre à l’étranger… cela m’a beaucoup décomplexé. Tout d’un coup, une forme de pression disparait, tu te sens plus libre dans tes propos, dans ton exploration de la langue.

GRAND CHIEN

C’est la traduction littérale de l'expression anglaise « big dog », qui est un peu moqueuse. C’est comme ça que tu surnommes quelqu'un qui va frimer en soirée, payer sa bouteille de champagne… C’était suffisamment étrange pour servir d’accroche.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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La Femme

La Femme-Philippe-Mazzoni

Sortir dans des fêtes, être triste et être heureux. Vivre, ça t’alimente.

Une bonne engueulade peut adoucir l’atmosphère pendant quelque temps. Même si on des remords, comme on le dit dans Mystère : « même si tu es triste continue ta route, il y a quand même de l’espoir ». Et toujours des solutions.

Nos paroles, on les veut simples. Il faut savoir parler directement à quelqu’un. On est des porte-paroles malgré nous... Mais si on peut dire des choses qui aident les autres, tant mieux. On a une voix qui porte, alors autant véhiculer des messages.

Faire attention à la routine, au-delà de notre vécu sentimental. On fait des trucs fous, comme prendre l’avion plutôt que le bus. On squatte chez les gens, on va dans des pays différents. Ce qui est triste, c’est de savoir où on sera dans six mois ou un an.

On aime le son des années 60, mais on va de l’avant. On a tous produit tout seuls, de A à Z, avec la technique d'aujourd'hui. On veut avoir le contrôle. Ce groupe a été créé dans le but que ça marche et de faire des tournées dans le monde. Tiens, pourquoi pas faire comme Led Zeppelin et avoir un jet La Femme ?

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Mamfredos

Mamfredos-Philippe-Mazzoni

Comment et pourquoi les années 80 vous influencent-elles?

Je suis née à la fin des années 80, et petite, on allait une à deux fois par an en Grèce avec mes parents (mon père était grec), ma sœur et mon frère. Souvent, voire tout le temps sur l’île de Kalymnos où nous avons des cousins, cousines. C’est une des plus belles périodes de ma vie. Le soir, l’été, nos parents retrouvaient des amis pour boire des coups dans le bar de Neoclès ! Et nous, on buvait des litres d’oranges pressées à l’intérieur, accoudés au bar, comme les Daltons ! En fond sonore que des hits des années 80. C’était dans les années 90 mais ce bar était totalement 80’s ! Et puis j’utilise des sons de synthé 80’s (que j’essaye quand même de travailler de manière nouvelle et de notre temps) parce que c’est devenu hyper branché et que ça me fait assez rigoler cette mode… Je peux être assez malicieuse ! Et puis je pense que ma musique est aussi assez 60’s, 70’s sur certains aspects, j’ai des mélodies qui sonnent assez 60’s même si j’utilise un synthé aux sonorités 80’s pour les jouer. C’est ça qui me plait, le mélange. 

Le jour où vous avez réalisé que votre vie serait consacrée à la musique?

C’est venu comme une évidence. J’étais à la fac, je faisais une licence de LEA Anglais-Chinois et une licence de Médiation Culturelle, ça fonctionnait pas mal. Aller à la fac me faisait me lever le matin, je me nourrissais, puis je digérais et je réintégrais ça dans ma musique, à ma façon… Puis est arrivé le moment où je ne pouvais faire correctement ni l’un ni l’autre. J’aime aller au bout des choses et le choix s’est fait naturellement. Pouvez-vous revenir sur vos débuts de musicienne et de chanteuse? Mes débuts de musicienne c’est « Circa » 2000, j’ai demandé une guitare et m’y suis mise… Mon prof me faisait bosser des morceaux, et en me plantant sur les accords j’ai découvert la composition. De ces erreurs, je me suis mise à faire ce que j’appelais mes « bouts de morceaux ». Côté scène ça a suivi assez vite, Vanessa Chassaigne (Louka) avait passé un appel sur MySpace, elle cherchait un guitariste pour remplacer Timothée Régnier (Rover), je me suis proposée et ça a fonctionné ! Et pour la voix ça a suivi, Héléna Noguerra qui passait à la maison, après avoir écouté mes derniers « bouts de morceaux » m’a dit qu’il manquait plus que ma voix pour que ce soit des chansons et qu’il fallait que je me lance ! C’est comme ça que je m’y suis mise.

Vos références absolues ?

Il y a Ron Carter et son album live Piccolo, Bitches Brew de Miles Davis (et à peu près tout Miles Davis d’ailleurs!). Beaucoup de jazz en fait. Ma mère et mon père m’ont baignée dedans, et ma grand-mère maternelle m’emmenait en écouter tous les ans à Jazz à Juan. Sinon il y a Boby Lapointe et le Pierrot Lunaire de Schönberg (ma mère m’a bercée avec), Hugues le Bars dont je suis dingue… 

La recette d'une vraie bonne pop song, d'après vous?

Des mots simples, des phrases courtes, un double ou triple sens possible, au moins un bon gimmick efficace, une intro qui permet de reconnaître la chanson dès la première seconde : "Circa" en somme !

Si vous avez une devise... Ou si vous deviez vous en inventer une?

Un seul mot : « Sprezzatura », que j’ai découvert à la fac, en histoire de l’art. Je l’ai tatoué sur mon bras et ce sera le titre de mon premier album ! Le terme Sprezzatura est apparu dans Le Livre du courtisan, écrit par l’Italien Baldassare Castiglione en 1528. Il définit la Sprezzatura comme la capacité à « user en toutes choses d’une certaine nonchalance, qui cache l’artifice, et montre ce qu’on fait comme si cela était venu sans peine et quasi sans y penser ». C’est « assez tout moi » !

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Cat's Eyes

Cats Eyes-Philippe-Mazzoni 

RACHEL ZEFFIRA

Cat’s Eyes, c’est l’orchestral qui rencontre les synthés et les guitares. C’est mon univers qui se marie avec celui de Faris. Les deux touchent le coeur. Nous venons de backgrounds musicaux très différents. C’est par ailleurs ce qui nous permet de ne pas avoir à faire de compromis. Et si jamais c’est difficile pour l’un de nous deux, c’est difficile pour l’autre… cela marche de la même façon pour la facilité. Nous n’aimons les formules toute faites ou les règles, nous nous ennuyons très vite. Tout doit être passionnant.

FARIS BADWAN

Si nous avons appelé notre second album Treasure House, c’est pour rendre hommage à un lieu magique qui décrit notre monde. Un de nos endroits secrets. Nous sommes comme des enfants, imprévisibles, nous ne savons jamais ce que nous allons faire. Où est le plaisir si nous connaissons tout ce qui va se passer ? Notre rencontre était inattendue et spontanée, notre relation et notre musique doivent l’être aussi. 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Petite Noir

Petite Noir-Philippe-Mazzoni-1

 

Le Noirwave, c’est un état d’esprit, un mix entre la new wave et la musique africaine qui convoque également l’image et la mode. Ma devise : libérez vos esprits. Il faut absolument savoir ouvrir son mental et ne pas s’encombrer de tabous. Ca a l’air évident, comme ça, mais il n’y a pas grand chose de plus difficile. C’est l’une des raisons pour lesquelles je fais de la musique : donner envie aux gens de s’aimer les uns les autres en écoutant des chansons qui peuvent les rassembler.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Bosco Rogers

Bosco Rogers-Philippe-Mazzoni 

LE ROCK'N'ROLL

Del : C'est la liberté musicale. Oublier ce qui a été fait avant. Un peu comme le surf, le krautock et le punk, mais sans les clichés et les uniformes qui vont avec.

PREMIÈRE FOIS MUSICALE

Del : Oui, c'était au piano, chez ma tante, j'ai joué la mélodie vocale de Baggie Trousers de Madness. J'avais 7 ans.

Barth : j'ai joué mon premier accord, un D, dans la cuisine de mes parents. C'était le printemps et j'avais onze ans. 

PREMIERE RENCONTRE

Un moment de pure beauté, nous nous sommes sentis comme des frères nés de mères différentes. 

POP AMBITION

Nous voulions que nos petites chansons sonnent davantage comme un jus d'ananas pressé qu'un sirop de pastèque chaud. Qu'elle soient courtes, efficaces et dotées d'un coeur.

UNE DEVISE

Je fais tout une fois, et deux si j'aime ça.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Brisa Roche

Brisa Roche-Philippe-Mazzoni

LA NOSTALGIE ET LE FUTUR.

Il y a de la nostalgie dans ce que je raconte dans ma musique, mais aussi un dsir d'explorer un son à la fois accessible et imposant, qui joue sur plusieurs couches de production sans mettre de côté mes objectifs : l'émotion et la lumière. je parle souvent de moi, de mes rêves, de mes correspondances, mais parfois, j'imagine aussi une scène, ou je m'inspire d'images souvent utilisées dans le hip-hop, le R'n'B ou la country. C'est drôle de s'en servir hors contexte!

INVISIBLE.

Le nom de mon album vient u fait que j'ai enregistré toute mes voix seule, dans mon home studio, sans contacte avec qui que ce soir. Pas d'influence, pas de jugement extérieur. Cela reste difficile d'être une femme dans l'industrie de la musique. Mais j'ai eu la chance d'avoir, avec le temps, noué des relations avec des personnes sur qui je peux compter et qui respectent mes convictions... Comme Marc Collin. C'est un génie. Il sait réunir les gens, les projets, les sonorités. 

MA DEFINITION DU BONHEUR.

L'intensité, l'improvisation, le travail, un premier baiser.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Claude Violante

Claude Violente-Philippe-Mazzoni

Premier coup de foudre musical?

Je pense pouvoir dire sans trop prendre de risques que c’était les Beatles que j’écoutais en CD sur mon walkman ou en vinyle en boucle du matin au soir!

Premier concert? 

Si j’essaye de remonter le plus loin possible, je me rappelle avoir été voir Starmania, comme j’étais fan, c’était évidemment un super souvenir.

Premier instrument?

J’ai fait quelques années de piano sans jamais être très douée mais avec beaucoup de passion, et c’est déjà pas mal…

Première émotion scénique?

Je ne sais pas si c’est en tant que spectatrice ou comme performance mais comme auditeur je pense que j’ai beaucoup aimé voir Joanna Newsom, ce n’était pas ma première émotion mais un bon souvenir. Quant à moi, j’ai beaucoup aimé joué aux Bains l’année dernière, il y avait vraiment une bonne énergie globale.

Première chanson écrite?

Comme tout le monde, j'ai écrit ma première chanson à la guitare folk pendant une soirée de désespoir adolescent.

Premier album à venir?

Avec un spectre assez large en terme d’influences, j’imagine que je serai vraiment soulagée une fois qu’il pourraêtre entendu, qu’il sera sorti de son nid et je suis sûre qu’il s’envolera de manière majestueuse, comme un bel albatros ! Plus sérieusement j’y travaille depuis un certain temps et avec beaucoup de passion, j’espère qu’il sera à la hauteur de mes attentes et que je pourrais le réécouter dans quelques années avec fierté.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Las Aves

Las Aves-Philippe-Mazzoni 2

JULES

Pourquoi ce choix de nom, Las Aves?

Nous aimions le fait que le nom n'aiguille vers aucun style de musique en particulier. Nous voulions quelque chose d'étrange, qui soit un peu hors du temps...

Comment avez-vous l'idée de cette renaissance inattendue ? Y pensiez-vous depuis longtemps?

En fait, l'évolution musicale n'était à aucun moment préméditée, ou même consciente. C'était la finalité d'un très long processus, tant humain, psychologique que musical. Le rock était notre moyen d'expression depuis notre adolescence. Nous faisions du skate, et nous nous exprimions avec ce que nous avions sous la main: deux guitares, une basse, une batterie et de la sueur. Mais même durant cette époque, nous étions autant influencé par The Clash que Portishead, autant par Siouxie and The Banshees que M.I.A. Mais ces influences se retrouvaient diluées dans une énergie punk et une écriture définitivement rock. A l'époque de The Dodoz, nous enregistrions nos albums en live sur bandes analogiques, tous ensemble dans une même pièce, le plus souvent en une prise. C'est quelque chose qui nous tenait à coeur, qui était cohérent avec notre façon d'envisager la musique.

Mais nous étions très jeunes, nous avions tout appris par le rock et les guitares. Je pense que nous n'aurions même pas su allumer un synthé, ou sortir un seul son d'une boîte à rythmes. En grandissant, nous nous sommes beaucoup plus intéressés à la production. Nous voulions comprendre comment ces morceaux trip-hop ou hip-hop s'étaient construis, d'où venaient ces sons.

Après une tournée géniale mais éreintante en Europe de l'Est avec The Dodoz, nous sommes tous rentrés à Toulouse, épuisés. Nous avons senti le besoin de faire une pause, de prendre du recul sur la musique. Nous sentions une certaine routine pointer le bout de son nez, et c'est exactement ce que nous avons toujours essayé d'éviter. Certains d'entre nous se sont réfugiés dans la boxe, d'autres la mécanique. Vincent et moi étions DJ résidents dans un club à Toulouse, où il fallait faire danser les gens tous les soirs. On a découvert la trap, la Bass Music. Ca nous a ouvert à tout un pan de la musique que nous avions un peu ignoré.


Puis nous sommes tous revenus dans un petit home studio, petit à petit. Pour jouer ensemble, expérimenter un maximum. Il n'était en aucun cas question d'un album, nous voulionsjuste faire de la musique, se laisser surprendre. La configuration du lieu était telle qu'on ne pouvait pas enregistrer à 4 en live, ce qui pour nous était absolument nouveau. C'était un peu comme se retrouver au volant d'un poids-lourd sur la file de gauche en Angleterre, avec des ronds point partout (rires). Nous avons tout appris sur le tas, comment enregistrer nous même, comment transformer des sons dans un ordinateur… Nous nous sommes alors retrouvés dans un amateurisme total, à jouer d'instruments qu'on avait jamais touché auparavant. Les accidents se multipliaient, et chaque erreur nous ouvrait d'autres possibilités, chaque limite nous donnait des idées. Comme des enfants dans un cockpit d'avion, c'était hyper grisant. Petit à petit, un nouveau son apparaissait. Plus hybride, moins codé. C'était très excitant de ne pas savoir du tout où on allait, quelle serait la finalité de tout ça. C'était comme une seconde adolescence, nous avons vu notre corps changer et nous étions à la fois exaltés et paniqués (rires).

Pourriez-vous nous expliquer vos choix esthétiques, l'importance du visuel dans votre musique?

Le visuel où plutôt l'image existe qu'on le veuille ou non depuis presque toujours, dans le sens ou même les bluesmen des années 30 avaient déjà une image. A partir du moment où la musique est incarnée, l'image rentre en jeu. Mais c'est vrai que nous sommes arrivés à un point aujourd'hui où les groupes travaillent d'abord l'image, ensuite la musique. C'est devenu commun et même nécessaire, alors que l'essence du truc reste et doit rester la musique. Nous avons un peu ce fantasme d'une ère où les visuels n'existeraient pas, et seule la musique parlerait pour elle même. Je pense que chaque artiste et son public seraient radicalement différents de ce qu'ils sont aujourd'hui, ce serait assez intéressant de voir ce que ça donnerait.

Mais d'un autre côté, cette abondance de visuels est hyper enrichissante pour les artistes, si la démarche reste personnelle et passionnée. Pour Las Aves, la musique est la priorité, mais nous aimons énormément développer l'aspect visuel. Nous avons des images assez précises qui nous viennent en tête pour illustrer les morceaux, et on attache beaucoup d'importance à travailler avec des gens que nous admirons. Pour les clips par exemple, nous travaillons quasiment exclusivement avec le réalisateur anglais Daniel Brereton. C'est quelqu'un qui vit vraiment pour son art, qui a des idées un peu différentes, et une énorme sensibilité.


Comment s'est déroulée la collaboration avec Dan Levy ?

Notre première rencontre, c'était à l'occasion d'un festival dans le sud de la France... autour de 2009, il me semble. Nous nous étions juste croisés, mais nous nous étions dit : "ce mec est un connard", et nous avons su après que lui avait pensé : "c'est des petits cons" (rires). Puis beaucoup de temps est passé, et nous lui avons envoyé 4 titres par mail en 2013. Il m'a appelé le lendemain pour me dire qu'il adorait. En 10 minutes au téléphone, il avait tout compris à ce qu'on essayait de faire. Il voyait même déjà comment nous amener plus loin... Nous enregistrions les morceaux façon DIY chez Nem (la chanteuse) ici à Paris, puis nous ramenions tout ça en Normandie chez Dan et c'était bouclé en 1 ou 2 jours... avec quelques débats enflammés au milieu!

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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