Thurston Moore

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Pouvez-vous nous parler de la pochette de The Best Day ?

Il s’agit de ma mère dans les années 1940, embrassant son meilleur ami, son chien Brownie, tout en regardant dans l’objectif de l’appareil photo de mon père. C’est un hommage à la sécurité, la sérénité, l'amour... et à l’éternité.

Comment avez-vous formé votre nouveau groupe : James Sedwards à la guitare, Debbie Googe de My Bloody Valentine à la basse et Steve Shelley, un autre ancien de Sonic Youth, à la batterie ?

J’ai rencontré le guitariste James Sedwards dans un concert secret qui se tenait au Cafe Oto, à Londres. Mark E Smith l’avait invité à jouer "Whole Lotta Love" de Led Zeppelin et même si Smith avait éteint l’ampli de James, je pouvais encore entendre son incroyable sonorité. Je me suis donc présenté à lui en lui demandant s’il voulait bien faire partie de mon groupe. Quelque temps plus tard, nous assurions la première partie de Glenn Branca à Paris, en 2014, Debbie Googe de My Bloody Valentine était dans le public, en train de crier: "fais péter la guitare" et James rétorqua: "À toi de jouer, beauté!" Elle s’est exécutée avec une guitare que Branca avait laissé dans sa loge. J’ai attrapé mon portable et j'ai appelé Steve Shelley pour qu’il entende ce duo de folie. Le week-end suivant, il sautait dans un avion pour Londres. 

The Best Day ne serait-il pas votre album le plus apaisé?

Il colle à ce que je ressens aujourd’hui. Si la paix concerne les héros, la guerre est destinée aux loosers.

Comment avez-vous travaillé sur ce nouvel album?

Mon état d’esprit était très clair : je baignais dans l’amour et le bonheur. Je me réveillais à 5 heures du matin tous les jours, je faisais mes salutations au soleil et j’allais courir cinq kilomètres. Puis je méditais avant de savourer un véritable petit déjeuner anglais... Pour citer The Fall, je suis en forme et je travaille à nouveau.

Avez-vous des regrets ?

J’aurais voulu remercier Joey Ramone d’avoir existé, et j’aurais bien voulu faire du kart avec Johnny Thunders. 

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Natas Loves You

Natas loves you-Philipe Mazzoni-1

Si vous étiez...

Une fleur : une orchidée

.

Un objet : une boite à musique
.

Une ville : Barcelone.



Un pays: le neuvième pays du huitième continent. 



Un autre groupe : les Beach Boys.



Un animal : un gang de babouins

.

Une sensation : l’ivresse.



Une couleur : entre le rouge et le bleu.



Un homme politique : Mahatma Gandhi. 



Une figure historique : Jean Jaurès.



Un livre : Le Livre de la jungle.



Un film : Danse avec les loups.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Bryan Ferry

Bryan Ferry-Philippe Mazzoni

 

Palais des Sports, vendredi 21 novembre. Le dandy Bryan Ferry est sur scène. Smoking à fleurs rehaussé d'un noeud papillon, brushing impeccable, et un public qui, dès "Casanova", se lève pour danser sur les tubes du songwriter anglais. Beaucoup de Roxy Music ("Virginia Plain", "Ladytron", "Avalon", "Love is the Drug"...) et un peu du dernier album ("Loop de Li", "Driving me Wild"). Le rappel, lui, se fera au son de sa reprise de John Lennon, "Jealous Guy". Et, en effet, les hommes de la salle pouvaient envier Bryan Ferry ce soir-là : la classe, on l'a ou on ne l'a pas, et lui est né avec.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Gaspard Royant

Gaspard Royant-Philippe-Mazzoni-1

 

2014 a été magnifique. 10 Hits Wonder, que j’avais produit moi-même, est sorti en janvier. Je n’étais pas sûr de l'accueil qui lui serait réservé, mais il a été très bien reçu ! Mon groupe et moi-même nous avons été programmés sur des grandes scènes de festival. Nous avons alors touché un public bien plus large que je l’imaginais. Aujourd'hui, nous tournons dans toute l’Europe…

J’avais fait un EP très acoustique, afin de mettre le pied dans la porte : je n’avais pas d’argent, ni de musiciens qui pouvaient m’accompagner. On a pensé que je faisais du folk, mais c’était surtout par faute de moyens ! Ensuite, je me suis laissé le temps de réfléchir à ce que je voulais faire. L’idée des 45 tours me permettait d’aller plus vite, de sortir les chansons que je voulais sans devoir attendre des mois et des mois, et, surtout, d’enregistrer en analogique comme les groupes des années 50 que j’admire depuis si longtemps. Cette volonté m’a amené à Londres, et l’album est naturellement né de tous ces singles. J’ose croire, de manière naïve, avoir œuvré comme les artistes d’autrefois. J’ai commencé tout seul dans ma chambre, je n'étais ni satisfait de mon jeu de guitare, ni de mon songwriting, mais j’ai réussi à progresser.

10 Hits Wonder, je l’ai écouté un milliard de fois. Une fois que j’ai eu le recul nécessaire pour l’entendre sans penser à l’arrière-cuisine, je l’aime beaucoup ! Même si j’en vois des défauts : je suis déjà passé au deuxième album. Toutes les chansons sont prêtes, afin de paraître fin 2015, car j’aimerais garder un rythme soutenu… Sans pour autant dépayser mon public. Ces derniers mois, j’ai écouté beaucoup Sam & Dave, Wilson Pickett, Otis Redding, de la Northern soul… Et cela a sans doute influencé mon prochain disque.

Ce style, cette esthétique, c’est parce que j’avais envie d’être bien habillé. J’en avais toujours envie, mais je n’avais pas osé jusqu’ici. Quand je fais un concert, c’est comme si j’allais à mon mariage, il s’agit d’apparaître sous mon plus beau jour. Un concert, c’est une cérémonie. Cela ne doit pas être banal... La musique que j’aime, c’est celle qui fait le show !

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Monogrenade

Monogrenade-Philippe-Mazzoni

JEAN-MICHEL PIGEON

COMPOSITE. Ce titre illustre bien le thème de l’album : la complexité humaine. Nous sommes la composition de tellement de paramètres, le bagage génétique, notre éducation, nos choix, notre entourage, le hasard... Je trouve que cette composition bien particulière à chacun est un peu comme le schéma de notre psychologie. 

GENÈSE. Nous l’avons envisagé un peu de la même façon que Tantale. Il n’y avait rien deprémédité, de préconçu. Un deuxième album est un moment important dans la carrière d’un groupe alors niveau ambition je pense qu’on espérait seulement ravir ceux qui nous écoutaient déjà ! Nous l’avons enregistré sur presqu’un an, contrairement à Tantale qu’on avait fait sur une courte période. Nous avons enregistré deux titres de passage à Paris, au Studio Lafrette. Le reste a été enregistré dans mon studio à Montréal, ce qui a permis à tout le monde de venir enregistrer selon son horaire. On a pu essayer plein de chose et prendre notre temps.

MONOGRENADE. Comme tout jeune groupe, j’aimerais beaucoup qu’on puisse défendre notre musique le plus possible. J’espère qu’on pourra créer encore et sans restriction financière. C’est tout de même difficile pour un groupe indie francophone de six personnes de faire des tournées et de se consacrer à la musique. Même si nous avons la chance de travailler avec des intervenants fantastiques ici et au Québec, le niveau de ressource et de soutien n’est pas toujours évident.
 
LE FUTUR ? J’ai peur qu’un jour tout le monde écoute la même chose. Une espèce de mondialisation menée par une économie qui oublie totalement la culture indie. J’ai peur qu’un jour on ne célèbre plus la différence et qu’on soit tous pareil. Mais bon... restons optimistes !

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Grand Blanc

Grand Blanc-Philippe-Mazzoni

PREMIER INSTRUMENT.

BENOIT Une guitare classique à 99.99€ (si on ne compte pas les flûtes à bec de l'école et le cor de chasse avec lequel je saoulais tout le monde chez mes grands-parents.)

CAMILLE  Une harpe celtique. Elle est arrivée tout droit de Bretagne dans un carton que je trouvais immense car j'étais vraiment minus, et puis forcément j'en ai fait une cabane.

PREMIER AMOUR MUSICAL.

BENOIT La honte sur moi: un morceau de trans 90's paumé sur une compil NRJ Music sortie quand j'avais 10 ans... ou un truc comme ça. Je voulais avoir les cheveux bleus et j'ai confessé à mes parents mon amour de la techno... creepy!

CAMILLE C'est In the court of the Crimson King de King Crimson. J'avais seize ans et je découvraismalheureusement de façon simultanée - pour moi même et pour mon entourage - les joints, les vinyles, le rock progressif, Blaise Pascal et les films en noir et blanc. Et les très grosses écharpes.

PREMIER CONCERT.

BENOIT Un concert de punk à la Maison des étudiants du campus de Metz, j'avais troué mon jean en scred', pris ma planche de skateboard et j'ai failli me faire taper par un mec en djellaba parce que je lui avais dit que son peignoir était cool (la vérité, ma mère ne doit pas lire ça.)

CAMILLE Je crois que c'est Placebo au Galaxie d'Amneville, près de Metz. J'étais en quatrième, j'avais eu des places VIP dont je n'étais pas peu fière et qui m'ont laissé entrevoir la possibilité de la venue de Brian Molko près de la table où ils donnent des petits fours dégueus. Il n'est jamais venu, j'étais triste.

PREMIER DISQUE.

BENOIT Offspring, Americana, même période que le concert kepon! Si tu comptes les deux titres ça craint nettement plus, mais je me rappelle qu'avec mon frère on avait chopé Gangster moderne de MC Solaar et Simple et funky d'Alliance Ethnik et ça ça va, j'assume!

CAMILLE C'est mes parents : ils m'ont offert History, le double album de Mickael Jackson. Sinon j'ai acheté pas mal de deux titres au Cora. Comme Gala par exemple, ou les 3T.

PREMIER CONCERT (AVEC GRAND BLANC)

On a monté Grand Blanc il y a deux ans environs et on jouait au caveau des Trinitaires (la salle de Metz) avec un ancien, dont on taira le nom, qui nous a dit que la manie de mettre des synthés et des instrus nous passerait. Et que franchement du blues old school en guitare-voix, c'était plus sérieux. Merci mec! On ne t'a pas oublié, bientôt l'album acoustique! 

PREMIER FOU RIRE.

Ensemble? Un mémorable à nos débuts c'est le visionnage du show des gagnants de Incroyable talents en Inde, les India Warriors... Ca mange du néon et ça se roule dessus en moto. C'était aussi notre première session home studio chez Luc à Bertrange, on enregistrait Montparnasse alors on avait besoin de légèreté...

PREMIÈRE FRAYEUR.

Sûrement la fois où Benoît s'est fait étaler dans un bar au festival du Printemps de Bourges parce qu'il avait un imper de "pédé" qui n'a pas plu à de solides et gaillards toulousains... On n'était pas encore Grand Blanc, il était bourré, les mecs aussi et on avait joué devant trois personnes dont un chien: circonstances atténuantes! C'était flippant mais finalement il s'est réveillé comme une fleur et a sobrement déclaré qu'il devait aller pisser. Le sens des priorités, quoi!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Sebastien Schuller

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Heat Wave est d'ailleurs un très beau titre, empreint d'une certaine poétique... Que vous évoque ce mot, "wave"?

"Heat Wave" vient un peu de l’observation des étés lourds et moites que l’on rencontre sur la Côte Est des Etats-Unis, de Philadelphie à Miami ; et des tempêtes tropicales de fin d’été - de l’imagerie que j’ai pu me construire autour. Le mot "wave" est aussi un mot que j’ai toujours aimé lier au courant cinématographique. Pour la musique, je le percevais comme un renouveau, un mouvement qui viendrait vous prendre, vous toucher où que vous soyez.

Plus affirmé dans une démarche électronique, en quoi Heat Wave est-il un accomplissement artistique pour vous?

Mes albums témoignent à chaque fois de mon état d’esprit, de mes envies et réflexions personnelles qui, du coup, en deviennent des accomplissements artistiques. Je me souviens de chaque situation, chaque détail et de quelle manière j’ai pu créer chacun de ces titres car ils sont tous très liés à des moments de ma vie.

Mais il est vrai que j’avais depuis longtemps envie de faire des titres plus rythmiques et plus dansants. Je me suis replongé dans mes souvenirs d’adolescence à l’époque ou je découvrais la musique New Wave, une influence musicale qui m’a acompagnée pendant tant d’années... et que je n’avais pas encore vraiment reussi à faire ressortir. En tout cas, le ying et le yang s’entrelacent trop chez moi pour pouvoir en faire ressortir qu’un seul côté malgré les éléments rythmiques du disque.

Le morceau "Tropical Storm" témoigne d'une genèse particulière...

À l’approche de l’ouragan Irene, je me souviens m’être promené à vélo sous des pluies chaudes avant que les arbres ne commencent à s’agiter fortement. Je pense que j’ai simplement essayé de reproduire certains des sons que j'avais pu entendre. J’avais aussi la sensation que le thème de clavier et d’orgue de ce morceau ressemblait à une face B imaginaire d’un 45t de Roxy Music que je n’ai peut être jamais écouté!

 

Pour écouter le superbe Heat Wave, c'est ici. 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Giana Factory

Giana Factory-Philippe-Mazzoni

LISBET, LOUISE & SOFIE

Comment vous êtes vous rencontrées ?

En école de musique. Nous avons mis beaucoup de temps à trouver notre mode d'expression. Nous sommes passés par beaucoup de genre de chansons, de sons, nous avons essayé une tonne d'instruments... Et Giana Factory a enfin vu le jour. 

Pour vous, qu'est-ce faire de la musique ?

Sofie: Pour moi, un musicien est quelqu'un qui ne pense qu'à écrire des chansons et à composer des mélodies. Quel que soit son niveau.
Louise: Je ne joue pas vraiment d'instrument autre que ma voix, je me considère plutôt comme une auteur plutôt qu'une musicienne. J'ai l'impression que je dois évoluer encore... Et tant mieux !
Lisbet: À 10 ans, j'ai réalisé que je ne pouvais pas vivre sans faire de la musique et j'ai donc fondé mon premier groupe.

Votre premier amour musical ?

Sofie : Brian Eno. 
Louise: Lenny Kravitz.
Lisbet : Led Zeppelin.

Que vous a apporté l'expérience de votre premier album ?

Avec Save the Youth, nous avons appris sur le tas. Nous avons été musiciennes, techniciennes et productrices au fil des étapes. C'était indispensable pour nous qui souhaitions être indépendantes. 

Quelle est l'histoire de Lemon Moon ?

Il fallait garder les chansons aussi pures que possible. Avec notre producteur Anders Trentemoller, nous avons visé un son à mi-chemin entre l'analogique et l'électronique. L'album est une sorte de voyage, de passage vers l'inconnu. C'est aussi pourquoi nous avons appelé l'album Lemon Moon ; la lune est en constante évolution et d'après nous, il existe une relation mystérieuse entre la lune et le citron. L'échelle est très différente, mais leur forme et leur couleur sont similaires. Cela joue sur notre perception de ce qui est irréel ou pas...

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Benjamin Booker

Benjamin Booker-Philippe-Mazzoni

 

Bidouiller sur l'ordinateur de ma soeur... Ce que je faisais pour le plaisir est devenu un album. J'ai découvert très tard le rock'n'roll car mes parents écoutaient peu de musique, et quand un disque passait à la maison, c'était de la soul, du gospel... des black songs avant tout. Je n'ai pas la même éducation artistique que la plupart des rockeurs d'aujourd'hui. J'étais au lycée quand j'ai découvert les sons qui m'influencent encore aujourd'hui, des Rolling Stones à Jack White. Mais j'aurais eu la possibilité, des années durant, d'écouter des chansons qui venaient profondément de l'âme, de la soul déchirée. Je les porte encore en moi.

J'habite à la Nouvelle-Orléans. C'est un choix car je viens de Floride, et je ne voudrais pas retourner y vivre. J'ai trop de chose à vivre ici. J'aime Nashville, New York, Paris, mais quand je suis loin de la Nouvelle-Orléans, son authenticité, son énergie mais aussi ses blessures me manquent. Ce sont elles, aussi, qui ont nourri mon premier album. Au moins autant que le whisky et le tabac!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Peter Matthew Bauer

Peter Matterw Bauer-Philippe-Mazzoni 2

 

En février de l'année dernière, j'ai tenté une échappé en solitaire des Walkmen. Il s'agissait avant tout de faire un album dont le sujet différait de tout ce que l'on peut habituellement entendre dans le rock. Ce qui correspondait, essentiellement, à ce que j'ai en tête et dans le coeur.

Le titre de mon album, Liberation! résume tout ce qui s'y est déroulé. En solo, je me suis aussi donné la chance de pouvoir chanter. D'apprendre, en tout cas. J'aimerais recommencer à zéro, faire quelque chose que je pourrais poursuivre jusqu'à la fin de ma vie. Et ne pas finir ruiné et seul dans le caniveau! 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Sean Nicholas Savage

Sean Nicolas Savage-Philippe-Mazzoni

 

Mon premier coup de foudre musical ? Les cheveux de Kurt Cobain.

La première chanson que j’ai écrite s’appelait "Rotten", c'était une espèce de titre très british qui parlait d’une fille particulièrement méchante. Pour ce premier album, Bermuda Waterfall, je voulais m’exprimer du point de vue spirituel, en tout cas avec mes textes, et en accord avec mes amours, ma foi. Et ma souffrance. Du point de vue musical, il faut savoir s’écouter attentivement.

Nous sommes ce que nous mangeons, et je suis toujours à l’écoute de ma faim. Pour ce, j’ai stoppé le feu qui brûlait en moi et j’ai laissé ma confiance s’épanouir. J’attendais ça depuis longtemps.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Angus & Julia Stone

Angus  Julia Stone-Philippe-Mazzoni

 

DUO POUR DE BON. Nous n'avions jamais écrit ensemble pour nos albums précédents, et nous avions envie de tenter l’expérience. Nous avons bien fait, n’est-ce pas?

LA MUSIQUE. Nous sommes tombés amoureux du son de la guitare basse. C’était ce que nous entendions le soir, enfants, en nous endormant, lorsque le groupe de notre père répétait dans le garage. C’était un son si chaud... Etre entre éveil et sommeil et cette faible fréquence qui résonnait à travers les murs.

RICK RUBIN. Quand il rentrait dans la pièce où nous avions commencé à travailler, d’un seul coup, nous jouions et chantions avec plus d’intensité. C'est une chose difficile à exprimer, mais ce producteur possède quelque chose de magique ! Il est très détendu, et nous a laissé prendre notre temps - ce qui était nécessaire.

BONHEUR. Nous vivons dans une ville magnifique, nous voyageons avec des gens que nous aimons, nous chantons l’amour… Nous sommes aussi heureux qu'un être humain peut être! 

   

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Sharon Van Etten

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Si j’étais...

Un animal : un poisson.
Un sentiment : l'étourdissement.
Une plante : du chèvrefeuille.
Un objet : une couverture.
Une saison : l’automne.
Une ville : Savannah.
Un personnage biblique : Noé.
Un instrument: la guitare sèche.
Un réalisateur : Agnes Vard.
Un auteur : Anais Nin.
Un poète: E.E. Cummings.
Une oeuvre d’art : Les Amants de René Magritte 
Un photographe : Vivian Maier.
Une couleur: violet.
Une autre chanteuse: PJ Harvey.

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Lapland

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JOSH MEASE

 LAPLAND. J'enregistre un disque une fois que j'ai écrit mes titres et trouvé le moyen de les enregistrer... Lapland s'est donc créé tout naturellement. Le thème de cet album, qui m'est apparu une fois que je l'avais terminé, c'est la disparition. Ce sentiment d'être perdu. Les paroles ne sont venues qu'après la mélodie. Il faut savoir que mon côté perfectionniste ressort pleinement lorsque j'enregistre - j'ai tendance à être assez névrosé et inquiet. Malgré tout, je pense avoir appris à me détendre au fil des années...

INFLUENCES. Je me souviens des chansons qui passaient dans la voiture quand ma mère conduisant. Beaucoup de titres de Fleetwood Mac, époque années 80, comme "Sara" ou "Hold Me". Mes parents écoutaient aussi de la country, celle de Willie Nelson ou de Merle Haggard. Après ça, j'ai écouté la discographie intégrale des Beatles, et encore après ça, j'ai été obsédé par le jazz pendant un bon moment.

RÉSUMÉ. Si je devais choisir trois mots pour décrire mon album, ce serait Dreamy Chill Pop - cette pop qui donne presque la nausée.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Juana Molina

Juana Molina-Philippe-Mazzoni-1

 

SOUVENIRS (BONS et MAUVAIS)

En 2004, après de longues années à être ignorée par le public local de Buenos Aires, il y a eu un concert au théâtre national de la ville. Habituée à des foules de 30 personnes, j’ai demandé au staff de la salle de mettre en place le grand rideau qui coupe la salle en deux pour que ça ne fasse pas vide – la capacité est de 800 personnes – mais il ne l’ont pas fait. Alors que j’attendais dans les loges, une amie a ouvert la fenêtre et vu une queue de deux pâtés de maisons. "Ha ha", lui ais-je répondu, "bien essayé"... Mais quand je suis arrivée sur scène, la salle était pleine à craquer. Fauteuils, strapontins, allées, rampes, escaliers. Un grand silence. 1200 personnes sont venues. J’étais en état de choc. Pour la première fois, j’ai senti que je touchais chacune des âmes. Mon ami Alejandro Ros faisait les lumières...ou les ombres devrais-je dire ! La pièce était quasi dans l’obscurité et c’était un pur bonheur.

Deux ans avant ça, il y a eu un concert dans un club de jazz. Je ne savais rien du son live... Je ne pouvais pas dire à l’ingénieur du son ce qui n’allait pas. La seule chose que je pouvais dire était que je ne pouvais pas jouer comme ça. Le soundcheck a duré une éternité et n’a rien arrangé. Il y avait quelques personnes en train de boire un verre. J’était complètement frustrée. Quelqu’un est venu et m’a dit que je devrais commencer à jouer. "Ne devrait-on pas attendre que ces gens partent pour que le public puisse rentrer ?" ai-je demandé pendant que je voyais des gens rentrer. Il m’a répondu: "ces gens-là SONT le public". Quoi?! J’ai voulu m’évanouir, disparaître. J’étais comme s’ils m’avaient vu nue. Comme si un soupirant caché m’avait vu essayer plusieurs robes, différentes coiffures, me trouvant hideuse. Comment pouvez-vous ensuite prétendre être la fille la plus cool du monde ?

Le concert fut terrible, personne n’ouvrit la bouche (rappelez-vous que j’étais une comédienne célèbre). À la fin, n’y tenant plus, j’ai dit: "Je vais jouer cette chanson pour que vous puissiez partir" et j’ai mis "Sonamos" sur un lecteur de CD. Je me suis levée pour fuir dans les backstages... Mais il n’y avait pas de backstage.  Aucun endroit où aller. Juste un mur. Alors je m’y suis appuyée, face à lui, bras croisés, en attendant d’entendre le silence. Après ce qui m’a semblé une décade, quelqu’un touché l’épaule en me disant que tout le monde était parti. Il restait juste un couple, moitié horrifié, moitié inquiet. Il m’a demandé: "Juana, que s’est-il passé? On est venus pour passer un bon moment!". Des années plus tard, j’ai réalisé que le problème était simplement que le volume était trop fort...

LA MUSIQUE

Ce que j’aime le plus dans chaque album, c’est de le faire.. De déterminer d’en faire un et de commencer le processus. Après quelques jours, on arrête de “faire” et les choses arrivent, tout se passe tout seul. Il n'y a pas de pensée. On devient ce qu'il se passe. J’ai eu juste une règle sur cet album en particulier: éviter les chemins connus.

Les influences sont juste des ingrédients. Elles sont les outils inconscients avec lesquels vous travaillez. J’ai toujours évité et écarté ce qui me rappelle des choses déjà existantes. Je ne vois pas l’intérêt de (re)faire ce qui a déjà été fait avant.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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