El Vy

El Vy-Philippe-Mazzoni

 

MATT BERNINGER & BRENT KNOPF

 

L'AMITIÉ

BRENT KNOPF : Matt et moi nous nous sommes rencontrés il y a 12 ans à Portland. Matt est sensible et drôle, mais c’est seulement plus tard que nous avons réussi à davantage nous connaître. D’autant plus du point de vue créatif. C’est avec Return to the Moon que nous sommes devenus vraiment très amis. Et c'est ce que nous racontons précisément dans ces chansons...

LE DUO

MATT BERNINGER : Brent et moi nous en parlions depuis 5 ans. Nous avons travaillé très lentement, car nous voulions prendre notre temps et nous étions aussi très occupés avec nos groupes respectifs (The National pour Matt, Menomena pour Brent, ndlr). Nous souhaitions partager des chansons, collaborer sans stress, travailler sur un morceau, revenir dessus de temps en temps. Pas de pression, pas d’attente. Les chansons ont pu venir très vite, d’autres pas du tout, certaines longues pauses ont été nécessaires. EL VY, c’est le fruit d’un travail organique. 

UN REGRET ?

MATT : Le dernier morceau, « Careless », est trop triste. Cher auditeur, il ne faut pas rester là dessus. Nous n’aurions jamais du la mettre en dernier! 

BRENT : Sinon, tout est parfait !

LEONARD COHEN 

MATT :  J’adore Leonard Cohen, passionnément, ce qui s’entend dans certains titres, notamment « Sleeping Light »: j’imaginais des personnages très Cohen, très séduisants. 

BRENT : Il fait partie de notre ADN musical depuis toujours. Nous ne pouvions pas ne pas l’inviter.

RETURN TO THE MOON

MATT : C’est un bon titre pour un film, un livre, un album... Cela fonctionne très bien car il interpelle beaucoup de choses : l’Amérique, l’histoire, la politique, la science-fiction, la poésie, le surréalisme, l’enfance et la naïveté. Quand nous étions petits, la lune paraissait inaccessible, et pleine de rêves… Nous avons essayé de l'atteindre, le temps d'un disque.

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Twin Peaks

Twin Peaks-Philippe-Mazzoni-1

 

Nous nous sommes rencontrés dans les flammes de l'enfer, lors d'un session pour Cream en 1966, avant qu'ils nous dégagent du jour au lendemain. Quoi, c'est délirant? Mais le rock doit être bruyant et amusant. Rien à faire de la crédibilité.

Quant à David Lynch, nous lui faisons confiance pour reprendre sa série comme il se doit. À la perfection!  

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Pitchfork Festival 2015

Thom Yorke-Philippe-Mazzoni

 

Oui, Thom Yorke était en grande forme ce vendredi 30 octobre, à la Grande Halle de la Villette, accompagné de Nigel Godrich et Tarik Barri, pour nous interpréter son Tomorrow's Modern Boxes. Mais ce n'est pas le seul. Tout au long de cette cinquième édition - la plus conviviale à ce jour, malgré l'annulation de sainte Björk -, le festival Pitchfork nous a offert des prestations parfois inégales (Ariel Pink, par exemple, peu à sa place sur ce genre de scène XL) mais d'autres à la hauteur des attentes (Beach House, Kurt Vile, Godspeed You! Black Emperor, Spiritualized, Run the Jewels...). On a dansé, dodeliné de la tête, parfois été ému... Rendez-vous à l'automne 2016 !

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

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Natalie Prass

Natalie Prass-Philippe-Mazzoni 2

 

ENFANT. J’étais très jeune quant j’ai écrit ma première chanson, en primaire. Je faisais des concert pour mes proches, à la maison. Au collège, j'ai monté mon premier groupe de rock. J’ai commencé à jouer à Virginia Beach, partout où je pouvais, et j’ai su que c’est ce que je voulais faire de ma vie. Virginia Beach n’est pas très excitante: des touristes, l'océan et c’est tout. Rien de très musical.. J’étais la seule fille à jouer dans un groupe, sans réaliser à quel point je pouvais paraitre étrange au yeux de certains !

GRANDIR. Après le bac, je suis allée au Berkley College une année. Mais Boston, c'est très froid, très sombre... Hormis l’été, très très difficile, trop venteux et trop neigeux pour moi! Après, j’ai déménagé à Nashville. On ne s'y sent pas chez soi, ce n’est pas une belle ville, il y a du monde, elle est très moderne. Des grands artistes y sont allés, il y a Music Row, mais je suis revenue à Virginia Beach... Je voulais du sens, ne plus être dans une cité industrielle. Avoir une nouvelle expérience, tout en me sentant chez moi quelque part. Et tous les musiciens de mon groupe vivent ici!

RENCONTRE. Avec Matthew E. White, on s’est rencontré très jeunes, on a été dans le même groupe. Je portais un T-shirt Sid Vicious la première fois qu'on s'est vus, se rappelle-t-il, et moi je pensais que c’était un nerd jazzy. J’avais quelque chose comme 14 ans. Quand j’ai quitté le groupe, il m’a remplacée. On s’est retrouvés quand j’avais 25 ans. Je cherchais un producteur pour ce disque, mais personne ne comprenait mes influences à Nashville, ni ce que je recherchais. Beaucoup veulent être sûrs de gagner des sous, ce que je comprends… Or, Matthew a pris mes chansons très au sérieux, et il a totalement compris car lui aussi travaillait sur ce genre de musique... Mon disque l’a motivé d’autant plus à monter son propre label, Spacebomb. 

NATALIE PRASS. Je voudrais juste que les gens aiment le disque pour toujours. Pour mon premier album, j’avais beaucoup de chansons, qui parlent des différentes étapes d’une relation amoureuse - mais elles ne parlaient pas toutes de la même personne. Les relations amoureuses, c’est le thème que je préfère. C’est ce qui me touche... Au fil du temps, le disque est devenu un disque de rupture. Et la musique est thérapeutique, ce n’est pas une légende! Même si parfois, je ne sais plus quoi faire, ni quoi dire...  Écrire une chanson aide à mettre de l’ordre dans mes idées, savoir quoi penser. Il faut oser, surpasser ses peurs. 

MANTRA. Ma devise: ne jamais laisser tomber. Ecrire des chansons, les chanter, c’est à la fois difficile et étrange. C’est un autre monde, la musique, très concurrentiel. On sait qu’on ne sera jamais riche, ni jamais assez bon. Il faut prendre des risques.

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Stal

Stal-Philippe-Mazzoni

Ton premier coup de foudre musical? L'album () de Sigur Ros.

Ton premier instrument? La guitare ! Ma Gibson SG que j'utilise toujours d'aillleurs...

Ta première chanson écrite? "Smile Or Die" sur mon premier EP, We are Two.

Ton premier concert? Dwaze Zaken avec mon ancien groupe A Red Season Shade à Amsterdam, en 2004. 

Ta première déception musicale? Je n'ai jamais été déçu. J'ai beau chercher quelque chose, je ne vois pas. Il y a trop de magie dans cet univers !

Ta première victoire ? Avoir tourné en Europe en mode DIY avec A Red Season Shade.

Ton premier album, Young Hearts ? Épique, sincère et coloré.

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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We Are Match

We are Match-Philippe-Mazzoni

COLLECTIF. Ce n’est pas parce qu’on faisait de la musique que notre ego gonflait, car nous n’avions pas de famille qui pensait que nous pouvions en faire notre vie. Et le principe de notre collectif, c'est que personne n’est cantonné à un seul et unique rôle. We Are Match, c'est l’idée de communauté : nous sommes cinq garçons différents les uns des autres... tout en nous complétant. Il nous arrive de ne plus besoin de nous concerter pour prendre une décision. "We Are Match made in Heaven", disent les jeunes filles amoureuses : nous aussi, nous sommes faits pour être ensemble.

RIVAGES. Notre album s'appelle Shores car nous cherchions beaucoup de rivages pour y ammarer nos chansons, faire un long voyage.... Nous avons grandi avec des albums qui nous faisaient voyager sur place, comme ceux des Pink Floyd, de Gorillaz, de Grizzly Bear ou d'Aphex Twin. Notre objective : une pop alternative, à la fois électronique et organique. Nous sommes tous perdus dans la mer, nous flottons toujours un peu, même sur terre. Nous cherchons tous un rivage, qui nous donne envie de bouger, de faire quelque chose.

L'ESPOIR. Nous ne sommes pas tous faits pour rentrer dans les cases, et il ne faut pas passer à côté de sa vie.D'après nous, la solitude contrée par le partage, qui rend plus fort : la société nous rend trop individualiste, les autres sont l’ennemi. Quelque part entre mélancolie et espérance, notre musique doit aider les gens à échanger. 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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C Duncan

C Dunca-Philippe-Mazzoni

 

Comment travailler un album seul chez soi ?

Honnêtement, c'était difficile. Je vivais avec deux autres personnes à l'époque et je devais attendre qu'ils partent travailler pour enregistrer. J'utilisais des casques tout en produisant l'album afin d'y travailler jusqu'à tard dans la nuit sans déranger personne...

Pourquoi l'avoir appelé Architect ?

Parce que j'ai enregistré et produit l'album moi-même, que je devais avoir un contrôle total sur la conception de l'album (les couches, les sons, la manière dont le tout s'imbriquait)... Cela fait de moi l'architecte de ce disque, en quelque sorte!

Quelles étaient vos inspirations pour la couverture de l'album, que vous avez peint vous-même ?

Les immeubles de Glasgow. Cette ville a changé avec les siècles mais il y a beaucoup de répétitions dans son architecture. Comme ma musique, mes peintures sont assez complexes... J'ai étudié la musique classique et contemporaine contemporaine à l'université et je mélange cet apprentissage avec mon amour de la musique pop. Tout en conservant la structure de la musique pop, mes chansons sont multi-couches, comme beaucoup de pièces classiques.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Georgia

Georgia-Philippe-Mazzoni

J’ai commencé à faire de la batterie à l’âge de 8 ans, et au collège, j’écrivais des chansons que j’essayais, avec des amis, de performer tant bien que mal. Je devais avoir 14 ans quand j’ai décidé de faire de la musique pour de bon. Mon père m’a acheté un enregistreur. Puis j’ai appris les logiciels sur ordinateur pour me perfectionner en production. Tout s’est fait naturellement. Ce n’était pas un acte de rébellion : mon père était musicien (il s'agit de Neil Barnes, du goupe Leftfield, ndlr), mon foyer baignait dans l’art… Ils m’ont même beaucoup soutenue, même si ma mère était professeur et a priori peu rassurée de me voir prendre une voie moins stable. Mais elle savait que lorsque j’avais enseigné moi-même la batterie aux enfants, je ne tenais pas le rythme ! Je me sens capable de beaucoup de choses mais pas de ça. En tout cas, mes parents aiment l'album, ma mère… mais je ne sais pas si c’est bon signe, en fait...

Pour faire ce premier album, j’ai pris mon temps : trouver le bon ton, le bon manager, gagner de l’argent en jouant pour les autres, faire partie d’un groupe. La conclusion, c’est qu’il fallait que je sois seule, face à mes instruments et à la page blanche, pour créer ma propre musique. Ca n’a pas été facile, de ne pas savoir de regard extérieur, de coach, mais je savais ce que je voulais et seulement moi pouvait l’exprimer de la manière dont je l’imaginais.

Georgia, c’est une lettre de présentation au monde, qui explique qui je suis : une fille made in London, qui aime les good vibrations, l’énergie des alliances de cultures différentes, qui écoute Timbaland comme la new-wave des années 80, qui aime les Monthy Python et qui veut rester indépendante coûte que coûte.

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Rock En Seine 2015

Rencontrés sur l'édition 2015 du festival Rock en Seine, ces artistes-là maîtrisent le rock, la pop ou encore la soul et font beaucoup parler d'eux. On les aime tous beaucoup, donc... affaires à suivre !

 

Rock en Seine 2015-9

 NATHALIE PRASS

 

 

Rock en Seine 2015-6

BALTHAZAR

 

 

Rock en Seine 2015-1 

SON LUX

 

 

Rock en Seine 2015-4

 JACCO GARDNER

 

 

 

Rock en Seine 2015-5

SHAMIR

 

 

 

Rock en Seine 2015-2

INIGO MONTOYA

 

 

 

Rock en Seine 2015-3

CLEA VINCENT

 

 

 

Rock en Seine 2015-8

WE ARE MATCH

 

 

 

Rock en Seine 2015-7

JUAN WAUTERS

 

 

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Will Butler

Will Butler-Philippe-Mazzoni

 

EN SOLO.

Le travail en collaboration peut être très enrichissant, mais aussi paralysant. Au sein d'Arcade Fire, on peut être plus relax, car on sait que quelqu'un d'autre va forcément venir avec une grande idée musicale. Mais parfois, cette même grande idée peut mourir lorsqu'elle est confrontée aux idées des autres... C'est très gratifiant d'avoir la responsabilité ultime de toute sa musique, et c'est mon cas sur Policy. Nulle part où me cacher ! C'est en partie pourquoi l'album est paru sous mon propre nom et non sous le nom d'Arcade Fire.

POLICY.

Policy rassemble des morceaux relativement simples, rafraîchissants. Et c'est ce que je voulais préserver. Je me suis concentré longuement sur chaque titre en essayant d'exprimer sa profonde personnalité. Après, il a fallu rendre le tout cohérent. Car si les structures sont simples, la complexité et le plaisir proviennent de la manière dont les morceaux jouent les uns contre les autres. Cependant, la simplicité n'est pas forcément plus attirante que la complexité. La transparence n'est pas systématique plus intéressante que la densité. Les poèmes courts ne sont pas toujours plus efficaces que les longues poésies...

À VENIR.

Je me vois aborder l'épique - pas pas dans le champ des émotions qu'il produit, pluôt dans le but de concentrer tout un monde mythologique. Ce que j'aime dans le classique, c'est qu'un compositeur peut aussi briller par les études qu'ils travaille, du Chopin ou du Bach, et qu'elles se révèlent aussi belles et importantes que leur propre création. Cela aussi, c'est un univers à explorer...

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Algiers

Algiers-Philippe-Mazzoni 2

Première rencontre : nous étions dans des groupes différents. Chacun allait voir les concerts des autres en priant qu'un jour nou puissions être réunis au sein d'un seul et même groupe... C'est finalement arrivé. 

Premier coup de foudre musical : Michael Jackson.

Premier disque acheté :  Electric Ladyland de Jimi Hendrix.

Premier concert : Quadiliacha au Wreck Room.

Première chanson écrite : “Blood”, qui nous a prouvé que notre groupe incarnait bel et bien nos luttes et nos engagement artistiques.

Première fois que vous vous êtes sentis musiciens : lorsque nous avons posé nos mains pour la première fois sur nos instruments respectifs.

Premier album d'Algiers : dislocation, aliénation, violence et rédemption.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Allah Las

Allah Las-Philippe-Mazzoni-1

DU RECUL. Nous avons écrit la plupart des chansons en tournée, chacun a apporté de l’eau au moulin. Nous voulions nous éloigner de la thématique du premier album, qui parlait beaucoup (trop?) d’amour. Worship the Sun prend du recul sur la société et parle moins de nos expériences personnelles. Forcément, la mélancolie se fait sentir puisque nous voyons la réalité telle qu’elle est.

DE L'AMITIÉ. Nous sommes amis depuis si longtemps (parfois depuis l’école l’élémentaire, au plus tard depuis nos 15 ans) que nous sommes devenus comme des frères. Nous avons grandi ensemble. Nos échanges aujourd’hui relèvent presque de l’inconscient et la musique est le meilleur moyen de nous exprimer, d'autant plus que nous écrivons tous dans le groupe. Personne ne se contente de jouer. Chacun doit expérimenter ses possibilités artistiques... Pour cette raison, nous n’avons pas désigné de leader, notre procédé est totalement démocratique.

DE L'AMBITION. Notre désir : écrire plus de chansons, encore et encore, et ne pas connaître les affres de la panne d’inspiration. Nous faire aider par l'image, qui est presque aussi importante que le son. Il faut que nos albums vivent plusieurs vies, et l’identité visuelle et les vidéos clips aident à ce renouvellement.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Reza

Reza-Philippe-Mazzoni

Peux-tu revenir sur la genèse de cet album?

L'album précédent, Supermaan, est sorti au printemps 2012. En début 2013, j'ai commencé à maquetter de nouveaux titres. Je faisais tranquillement ma tambouille quand, par chance, on nous a proposé de faire une belle petite tournée dans des salles de cinéma où on jouait un court concert en ouverture du très beau western Les amants du Texas. J'avais embarqué avec moi le multi-instrumentiste Antoine Pinet (de H-Burns) pour m'accompagner sur scène. Nous avons profité de l'occasion pour arranger mes nouvelles chansons ensemble et les roder en live... Nous nous sommes bien entendu et on a eu envie de continuer ce travail dans l'optique d'un album. C'est vraiment ce qui a tout accéléré. Quelques mois après nous étions en studio en train d'enregistrer. C'est notre fidèle et talentueux producteur William Rigout qui était aux manettes comme pour l'album précédent. Et les non moins talentueux Jérôme Pichon (Melody's Echo Chamber, Canari), Julien Grattard (Imany) et David Simard sont aussi passés en studio pour participer aux enregistrements.

Au delà du son, il y a aussi l'image... En quoi cet univers visuel, longuement étudié pour accompagner la musique, est-il si important à tes yeux?

Ça faisait très longtemps que j'avais envie de ça. J'ai commencé à enregistrer des albums à peu près au moment où l'agonie du compact-disc a commencé sa phase terminale. Pour les disques précédents, j'avais déjà très envie de travailler le côté objet pour que le support soit une extension de l'album et que les chansons débordent un peu sur la pochette et tout l'artwork. Pour Tornado, j'ai eu la chance de rencontrer Mathieu Persan et de réaliser ces idées. Il a instantanément compris ma démarche. Ça a été une très belle collaboration. Avec ses illustrations, Mathieu raconte chaque chanson avec sa propre sensibilité et selon sa propre inspiration. Les illustrations ne sont pas seulement graphiquement très belles, elles racontent vraiment l'histoire de l'album.

Quels sont les artistes qui t'ont donné envie de faire de la musique?

Je pourrais citer une cinquantaine d'albums que j'ai pu vraiment adopter et m'approprier au fil des années. Adolescent, je jouais de la basse dans des petits groupes de rock très électriques. On écoutait les Smiths, les Cure, Nick Cave ou Joy Division. C'est une période qui a du avoir son importance. Mais c'est vraiment la découverte des albums de Leonard Cohen qui a déclenché la suite. Je me souviens comment l'intimité confondante de ses Songs from a room ou Songs of love and hate me donnait le vertige. A 18 ans, j'avais enfin trouvé mon héros. Moi qui n'aimais pas trop le coté un peu écervelé et défoncé de certaines stars du rock dont j'aimais par ailleurs la musique … Dans Cohen il y avait tout. Et surtout cette poésie immense et profonde qui laissait malgré tout de la place aux mélodies et à la musique - sans les renvoyer au second plan comme souvent dans la chanson française. Et cet anglais magnifique, fluide et mélodieux. Une œuvre intemporelle.

Ton plus grand rêve ?

Un duo avec Jeff Tweedy peut-être ? Plus sérieusement, mon plus grand rêve aujourd'hui, alors que notre nouvel album Tornado vient de sortir, ce serait de pouvoir en enregistrer un autre. De démarrer une nouvelle aventure et pouvoir aller jusqu'au bout. Et ma plus grande peur ce serait de ne pas avoir cette possibilité, quelles que soient les raisons.  Ça peut paraître dérisoire, on peut penser que ça c'est acquis et qu'il suffit d'en avoir la volonté. Or, en réalité ça devient de plus en plus compliqué. Il faut presque un petit miracle pour pouvoir aller jusqu'au bout de ce genre de projets aujourd'hui.

En concert aux Trois Baudets le 16 juin.

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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LONELADY

LoneladyPhilippe-Mazzoni

Un second album est toujours un challenge. Comment l’avez-vous affronté ?

Très vite, il m’est apparu que les chansons-clés de l’album seraient construites autour d’un simple beat de machines, plus dansant et nourri de funk. Les rythmes et le groove sont devenus des éléments à part entière. Cette palette de sons colorés offre à ce disque une toute autre tonalité que Nerve Up. Il a surtout été enregistré dans mon home studio, ce qui lui confère une ambiance intime, mais aussi au Keyclub dans le Michigan, dont l’équipement analogique a considérablement amélioré la qualité sonore.

Quelles sont les inspirations de Hinterland ?

L'environnement urbain post-industriel nourrit vraiment sa musique et donne une sorte d'énergie un peu folle. J’adore les boîtes à rythmes et les sons de batterie synthétique. C’est sans doute lié au fait de vivre dans un environnement de béton entouré de surfaces dures ; c’est aussi un moyen d'utiliser de manière artistique un espace souvent agressif. Transformer le béton et les friches en quelque chose de magique. Hinterland témoigne de ma réflexion sur les paysages et les jeux de mon enfance au milieu des ruines industrielles de la périphérie de Manchester.

Et vos influences musicales ?

J’aime les chansons qui ont une urgence bien à elles, comme il y en avait beaucoup à la fin des années 70 et au début des années 80, en particulier dans le post-punk britannique. J’adore le son graveleux du punk seventies et j’ai toujours écouté de la musique électronique industrielle comme Cabaret Voltaire, où s’illustrait l'ambiance hostile de l'environnement urbain.

Comment vous décrire en trois mots ?

Musicalement parlant : agitée, complexe, fragile.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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Tobias Jesso jr

Tobias Jasso Jr-Philippe-Mazzoni

Mon objet préféré ? Le piano. J'ai longtemps adoré ma guitare, mais c'est lui qui m'a permis d'écrire les chansons de mon premier album. Il m'a révélé à moi-même !

Les films que j’ai aiméBefore Sunrise, Before Sunset..  J’aime aussi La Vie D’Adèle, Eternel Sunshine of The Spottless Mind… Les films sentimentaux avant tout, j'assume mon côté fleur bleue.

Mon livre de chevet : "Please Kill Me", un livre passionnant sur l’histoire du punk. 

Les musiciens qui m’inspirent : d'abord, Cass McCombs, qui a une écriture incroyable. Contrairement à d'autres, je ne me morfonds pas dans le passé, même si j'y puise mon inspiration. J’aime suivre des artistes contemporains, comme Adele. Si je devais en écouter qu’une, ce serait elle.

Ma chanson favorite : "Because I Love You" de Lenny Williams. Parfaite de bout en bout.

Ce que j’aime manger : la cuisine italienne! Les spaghettis sont tellement romantiques, quelques bougies et le tour est joué.

La couleur que je porte le plus ? Le bleu, de toute évidence.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

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