LONELADY

LoneladyPhilippe-Mazzoni

Un second album est toujours un challenge. Comment l’avez-vous affronté ?

Très vite, il m’est apparu que les chansons-clés de l’album seraient construites autour d’un simple beat de machines, plus dansant et nourri de funk. Les rythmes et le groove sont devenus des éléments à part entière. Cette palette de sons colorés offre à ce disque une toute autre tonalité que Nerve Up. Il a surtout été enregistré dans mon home studio, ce qui lui confère une ambiance intime, mais aussi au Keyclub dans le Michigan, dont l’équipement analogique a considérablement amélioré la qualité sonore.

Quelles sont les inspirations de Hinterland ?

L'environnement urbain post-industriel nourrit vraiment sa musique et donne une sorte d'énergie un peu folle. J’adore les boîtes à rythmes et les sons de batterie synthétique. C’est sans doute lié au fait de vivre dans un environnement de béton entouré de surfaces dures ; c’est aussi un moyen d'utiliser de manière artistique un espace souvent agressif. Transformer le béton et les friches en quelque chose de magique. Hinterland témoigne de ma réflexion sur les paysages et les jeux de mon enfance au milieu des ruines industrielles de la périphérie de Manchester.

Et vos influences musicales ?

J’aime les chansons qui ont une urgence bien à elles, comme il y en avait beaucoup à la fin des années 70 et au début des années 80, en particulier dans le post-punk britannique. J’adore le son graveleux du punk seventies et j’ai toujours écouté de la musique électronique industrielle comme Cabaret Voltaire, où s’illustrait l'ambiance hostile de l'environnement urbain.

Comment vous décrire en trois mots ?

Musicalement parlant : agitée, complexe, fragile.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace 

Read more: LONELADY

Tobias Jesso jr

Tobias Jasso Jr-Philippe-Mazzoni

Mon objet préféré ? Le piano. J'ai longtemps adoré ma guitare, mais c'est lui qui m'a permis d'écrire les chansons de mon premier album. Il m'a révélé à moi-même !

Les films que j’ai aiméBefore Sunrise, Before Sunset..  J’aime aussi La Vie D’Adèle, Eternel Sunshine of The Spottless Mind… Les films sentimentaux avant tout, j'assume mon côté fleur bleue.

Mon livre de chevet : "Please Kill Me", un livre passionnant sur l’histoire du punk. 

Les musiciens qui m’inspirent : d'abord, Cass McCombs, qui a une écriture incroyable. Contrairement à d'autres, je ne me morfonds pas dans le passé, même si j'y puise mon inspiration. J’aime suivre des artistes contemporains, comme Adele. Si je devais en écouter qu’une, ce serait elle.

Ma chanson favorite : "Because I Love You" de Lenny Williams. Parfaite de bout en bout.

Ce que j’aime manger : la cuisine italienne! Les spaghettis sont tellement romantiques, quelques bougies et le tour est joué.

La couleur que je porte le plus ? Le bleu, de toute évidence.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace 

Read more: Tobias Jesso jr

Tahiti 80

Tahiti 80-Philippe-Mazzoni

 

XAVIER BOYER

GENÈSE. Elle est à chercher dans The Past, The Present et The Possible, sorti il y a trois ans. Nous avions l’impression d’être allés assez loin dans une démarche en solitaire et nous nous posions pas mal de questions. Il y a eu une vraie remise en cause. Si nous faisions un sixième disque, il fallait faire quelque chose d’inédit. Faire de la musique, c’est aussi apprendre des choses ; nous souhaitions travailler avec un producteur qui serait aussi musicien.

J’étais déjà fan de Richard Swift, et lorsque j’ai pris connaissance de son travail avec Foxygen, nous l’avons contacté. Il a été un accélérateur, car il nous a aidé à choisir dans nos trente morceaux. Nous avions besoin d’un autre regard, d’une perspective. Il nous a encouragé à préserver le côté sombre et sexy. Nous l’avons totalement suivi, d’autant plus que nous avions la volonté de faire un album de pop synthétique très chaud, pas inspirée du cold-wave. Nous souhaitions aussi un album que l’on écoute dans sa continuité…

BALLROOM. Tout est une affaire d’équilibre et de dosage. Ballroom, c’est le nom de la salle de bal ou de concerts aux Etats-Unis, il inclut un côté festif. Il s’y passe plein de choses : une mixité sociales, des couples qui se font et se défont, une certaine tristesse aussi quand les lumières se rallument, la fête passée. On ne pouvait pas avoir des musiques très joyeuses et des textes très déprimants, il fallait faire danser tout en faisant réfléchir.

C’est important, dans la pop music, de jouer dans les nuances : nous souhaitions faire des emprunts à toutes les époques, revenir aussi à la pop synthétique des années 70. Nous faisons une musique anglo-saxonne avec une sensibilité française. Elle sonne de manière familière car elle a des ingrédients déjà entendus auparavant mais, façonnée avec une autre culture, elle se dote d’une originalité très appréciée à l’étranger. Nous savons d’expérience qu’il est très difficile de reproduire un album tel quel sur scène, donc nous gardons l’esprit de Ballroom, avec son groove et ses nappes synthétiques, mais tout en jouant façon live.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace

Read more: Tahiti 80

Jolie Holland

Jolie Holland-Philippe-Mazzoni

 

Je suis née à Houston, et, plus tard, je suis longtemps passée par San Francisco et New York, qui n'ont plus de secrets pour moi. Je connais des gens de la Nouvelle-Orléans, de la Côte Ouest, je n'ai pas de domicile fixe. Comme l'a dit récemment Herzog, les artistes peuvent être mieux traités que les dirigeants de grands entreprises. Cependant, je reste pauvre. Et volontaire: j'écris tous mes morceaux, je trouve et rassemble mes musiciens, et je dirige leurs improvisations. Nous avons travaillé assez vite, car le temps passé en studio coûte très cher. Je pensais donc à tout avant l'enregistrement.

Les chansons de mon dernier album me sont venues alors que je marchais dans les rues de Brooklyn, alors que je repensais à ma vie. Ca peut être dans le métro, ou chez moi, allongée sur le sol. Le bonheur ? C'est quelque chose qui résonne en moi, qui n'obéit pas à un raisonnement particulier. Même si certaines bonnes idées peuvent rendre très heureux.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

Retrouvez l'artiste sur son espace

Read more: Jolie Holland

Iceage

Iceage-Philippe-Mazzoni

PLOWING INTO THE FIELD OF LOVE.

Il fallait créer, absolument, un espace plus ouvert au sein de ces nouvelles chansons, qui a ensuite laissé place à une véritable théâtralité.

Nous avons mis beaucoup de volonté dans l'écriture de ces morceaux. Evidemment, nous avons connu des sursauts paranoïaques et, pour remédier à cette peur, nous ne nous sommes pas donné plus de sept jours pour enregistrer ce disque, qui est tragique, criard et méprisant.

Pour échapper à ses influences et à ces moments de doutes, il suffit de suivre sa propre voix afin de lotter au dessus de la colone vertébrale de la musique. 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez le groupe sur son espace 

Read more: Iceage

Part-Time Friends

Part-time friends-Philippe-Mazzoni

PAULINE LOPEZ DE AYORA & FLORENT BIOLCHINI

Pourquoi s'appeler Part-Time Friends?

Florent : Ca vient déjà, bien entendu, de notre relation qui a parfois été tumultueuse. Ensuite nous nous sommes amussé à contracter les paroles d'une de nos chansons préférées d'un de nos groupes préférés : "Anyone Else But You" des Moldy Peaches. "You're a part time lover and a full-time friends" ... et voilà Part-Time Friends.
 
Vous souvenez-vous de votre première rencontre?

Florent : En 2007, à Aix-en-Provence. Nous nous sommes retrouvés dans la même classe. Notre première discussion portait sur les Libertines. Nous n'étions pas d'accord: Pauline était TEAM Pete Doherty, j'étais TEAM Carl Barât.

Pauline : Florent m'a demandé d'écrire des paroles pour son groupe de rock de l'époque, j'ai accepté. Je suis allée les voir répéter, j'ai pris le micro... et je suis jamais partie! Un an plus tard, on montait tous les deux à Paris pour poursuivre nos études et nous avons décidé de monter un projet musical qui nous ressemblait plus, moins rock and roll, plus axé sur les mélodies et les voix, que nous avons appelé appelé Part-Time Friends parce que nous sortions d'une année entière de disputes.

D'après vous, quelles qualités doit disposer une vraie bonne chanson pop?

Elle doit être accrocheuse et doit déjà révéler "le truc" dans son plus simple appareil. Pour nous, une vraie bonne chanson doit donc sonner juste en guitare-voix avant de s'enrichir de différents mots-clefs concernant l'arrangement du texte, de la mélodie... Les arrangements doivent être au service du songwriting, pas l'inverse.

Si votre groupe devait avoir une devise, laquelle serait-ce ?

"J'ai beaucoup de doutes sur moi, un peu sur toi mais aucun sur nous."

Comment définir votre musique en trois mots?

Simple, aérienne et surtout sincère.

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace 

Read more: Part-Time Friends

Thurston Moore

Thurston Moore-Philippe-Mazzoni-2

Pouvez-vous nous parler de la pochette de The Best Day ?

Il s’agit de ma mère dans les années 1940, embrassant son meilleur ami, son chien Brownie, tout en regardant dans l’objectif de l’appareil photo de mon père. C’est un hommage à la sécurité, la sérénité, l'amour... et à l’éternité.

Comment avez-vous formé votre nouveau groupe : James Sedwards à la guitare, Debbie Googe de My Bloody Valentine à la basse et Steve Shelley, un autre ancien de Sonic Youth, à la batterie ?

J’ai rencontré le guitariste James Sedwards dans un concert secret qui se tenait au Cafe Oto, à Londres. Mark E Smith l’avait invité à jouer "Whole Lotta Love" de Led Zeppelin et même si Smith avait éteint l’ampli de James, je pouvais encore entendre son incroyable sonorité. Je me suis donc présenté à lui en lui demandant s’il voulait bien faire partie de mon groupe. Quelque temps plus tard, nous assurions la première partie de Glenn Branca à Paris, en 2014, Debbie Googe de My Bloody Valentine était dans le public, en train de crier: "fais péter la guitare" et James rétorqua: "À toi de jouer, beauté!" Elle s’est exécutée avec une guitare que Branca avait laissé dans sa loge. J’ai attrapé mon portable et j'ai appelé Steve Shelley pour qu’il entende ce duo de folie. Le week-end suivant, il sautait dans un avion pour Londres. 

The Best Day ne serait-il pas votre album le plus apaisé?

Il colle à ce que je ressens aujourd’hui. Si la paix concerne les héros, la guerre est destinée aux loosers.

Comment avez-vous travaillé sur ce nouvel album?

Mon état d’esprit était très clair : je baignais dans l’amour et le bonheur. Je me réveillais à 5 heures du matin tous les jours, je faisais mes salutations au soleil et j’allais courir cinq kilomètres. Puis je méditais avant de savourer un véritable petit déjeuner anglais... Pour citer The Fall, je suis en forme et je travaille à nouveau.

Avez-vous des regrets ?

J’aurais voulu remercier Joey Ramone d’avoir existé, et j’aurais bien voulu faire du kart avec Johnny Thunders. 

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace 

Read more: Thurston Moore

Natas Loves You

Natas loves you-Philipe Mazzoni-1

Si vous étiez...

Une fleur : une orchidée

.

Un objet : une boite à musique
.

Une ville : Barcelone.



Un pays: le neuvième pays du huitième continent. 



Un autre groupe : les Beach Boys.



Un animal : un gang de babouins

.

Une sensation : l’ivresse.



Une couleur : entre le rouge et le bleu.



Un homme politique : Mahatma Gandhi. 



Une figure historique : Jean Jaurès.



Un livre : Le Livre de la jungle.



Un film : Danse avec les loups.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace 

Read more: Natas Loves You

Bryan Ferry

Bryan Ferry-Philippe Mazzoni

 

Palais des Sports, vendredi 21 novembre. Le dandy Bryan Ferry est sur scène. Smoking à fleurs rehaussé d'un noeud papillon, brushing impeccable, et un public qui, dès "Casanova", se lève pour danser sur les tubes du songwriter anglais. Beaucoup de Roxy Music ("Virginia Plain", "Ladytron", "Avalon", "Love is the Drug"...) et un peu du dernier album ("Loop de Li", "Driving me Wild"). Le rappel, lui, se fera au son de sa reprise de John Lennon, "Jealous Guy". Et, en effet, les hommes de la salle pouvaient envier Bryan Ferry ce soir-là : la classe, on l'a ou on ne l'a pas, et lui est né avec.

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

 

Read more: Bryan Ferry

Gaspard Royant

Gaspard Royant-Philippe-Mazzoni-1

 

2014 a été magnifique. 10 Hits Wonder, que j’avais produit moi-même, est sorti en janvier. Je n’étais pas sûr de l'accueil qui lui serait réservé, mais il a été très bien reçu ! Mon groupe et moi-même nous avons été programmés sur des grandes scènes de festival. Nous avons alors touché un public bien plus large que je l’imaginais. Aujourd'hui, nous tournons dans toute l’Europe…

J’avais fait un EP très acoustique, afin de mettre le pied dans la porte : je n’avais pas d’argent, ni de musiciens qui pouvaient m’accompagner. On a pensé que je faisais du folk, mais c’était surtout par faute de moyens ! Ensuite, je me suis laissé le temps de réfléchir à ce que je voulais faire. L’idée des 45 tours me permettait d’aller plus vite, de sortir les chansons que je voulais sans devoir attendre des mois et des mois, et, surtout, d’enregistrer en analogique comme les groupes des années 50 que j’admire depuis si longtemps. Cette volonté m’a amené à Londres, et l’album est naturellement né de tous ces singles. J’ose croire, de manière naïve, avoir œuvré comme les artistes d’autrefois. J’ai commencé tout seul dans ma chambre, je n'étais ni satisfait de mon jeu de guitare, ni de mon songwriting, mais j’ai réussi à progresser.

10 Hits Wonder, je l’ai écouté un milliard de fois. Une fois que j’ai eu le recul nécessaire pour l’entendre sans penser à l’arrière-cuisine, je l’aime beaucoup ! Même si j’en vois des défauts : je suis déjà passé au deuxième album. Toutes les chansons sont prêtes, afin de paraître fin 2015, car j’aimerais garder un rythme soutenu… Sans pour autant dépayser mon public. Ces derniers mois, j’ai écouté beaucoup Sam & Dave, Wilson Pickett, Otis Redding, de la Northern soul… Et cela a sans doute influencé mon prochain disque.

Ce style, cette esthétique, c’est parce que j’avais envie d’être bien habillé. J’en avais toujours envie, mais je n’avais pas osé jusqu’ici. Quand je fais un concert, c’est comme si j’allais à mon mariage, il s’agit d’apparaître sous mon plus beau jour. Un concert, c’est une cérémonie. Cela ne doit pas être banal... La musique que j’aime, c’est celle qui fait le show !

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace

Read more: Gaspard Royant

Monogrenade

Monogrenade-Philippe-Mazzoni

JEAN-MICHEL PIGEON

COMPOSITE. Ce titre illustre bien le thème de l’album : la complexité humaine. Nous sommes la composition de tellement de paramètres, le bagage génétique, notre éducation, nos choix, notre entourage, le hasard... Je trouve que cette composition bien particulière à chacun est un peu comme le schéma de notre psychologie. 

GENÈSE. Nous l’avons envisagé un peu de la même façon que Tantale. Il n’y avait rien deprémédité, de préconçu. Un deuxième album est un moment important dans la carrière d’un groupe alors niveau ambition je pense qu’on espérait seulement ravir ceux qui nous écoutaient déjà ! Nous l’avons enregistré sur presqu’un an, contrairement à Tantale qu’on avait fait sur une courte période. Nous avons enregistré deux titres de passage à Paris, au Studio Lafrette. Le reste a été enregistré dans mon studio à Montréal, ce qui a permis à tout le monde de venir enregistrer selon son horaire. On a pu essayer plein de chose et prendre notre temps.

MONOGRENADE. Comme tout jeune groupe, j’aimerais beaucoup qu’on puisse défendre notre musique le plus possible. J’espère qu’on pourra créer encore et sans restriction financière. C’est tout de même difficile pour un groupe indie francophone de six personnes de faire des tournées et de se consacrer à la musique. Même si nous avons la chance de travailler avec des intervenants fantastiques ici et au Québec, le niveau de ressource et de soutien n’est pas toujours évident.
 
LE FUTUR ? J’ai peur qu’un jour tout le monde écoute la même chose. Une espèce de mondialisation menée par une économie qui oublie totalement la culture indie. J’ai peur qu’un jour on ne célèbre plus la différence et qu’on soit tous pareil. Mais bon... restons optimistes !

  

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace

Read more: Monogrenade

Grand Blanc

Grand Blanc-Philippe-Mazzoni

PREMIER INSTRUMENT.

BENOIT Une guitare classique à 99.99€ (si on ne compte pas les flûtes à bec de l'école et le cor de chasse avec lequel je saoulais tout le monde chez mes grands-parents.)

CAMILLE  Une harpe celtique. Elle est arrivée tout droit de Bretagne dans un carton que je trouvais immense car j'étais vraiment minus, et puis forcément j'en ai fait une cabane.

PREMIER AMOUR MUSICAL.

BENOIT La honte sur moi: un morceau de trans 90's paumé sur une compil NRJ Music sortie quand j'avais 10 ans... ou un truc comme ça. Je voulais avoir les cheveux bleus et j'ai confessé à mes parents mon amour de la techno... creepy!

CAMILLE C'est In the court of the Crimson King de King Crimson. J'avais seize ans et je découvraismalheureusement de façon simultanée - pour moi même et pour mon entourage - les joints, les vinyles, le rock progressif, Blaise Pascal et les films en noir et blanc. Et les très grosses écharpes.

PREMIER CONCERT.

BENOIT Un concert de punk à la Maison des étudiants du campus de Metz, j'avais troué mon jean en scred', pris ma planche de skateboard et j'ai failli me faire taper par un mec en djellaba parce que je lui avais dit que son peignoir était cool (la vérité, ma mère ne doit pas lire ça.)

CAMILLE Je crois que c'est Placebo au Galaxie d'Amneville, près de Metz. J'étais en quatrième, j'avais eu des places VIP dont je n'étais pas peu fière et qui m'ont laissé entrevoir la possibilité de la venue de Brian Molko près de la table où ils donnent des petits fours dégueus. Il n'est jamais venu, j'étais triste.

PREMIER DISQUE.

BENOIT Offspring, Americana, même période que le concert kepon! Si tu comptes les deux titres ça craint nettement plus, mais je me rappelle qu'avec mon frère on avait chopé Gangster moderne de MC Solaar et Simple et funky d'Alliance Ethnik et ça ça va, j'assume!

CAMILLE C'est mes parents : ils m'ont offert History, le double album de Mickael Jackson. Sinon j'ai acheté pas mal de deux titres au Cora. Comme Gala par exemple, ou les 3T.

PREMIER CONCERT (AVEC GRAND BLANC)

On a monté Grand Blanc il y a deux ans environs et on jouait au caveau des Trinitaires (la salle de Metz) avec un ancien, dont on taira le nom, qui nous a dit que la manie de mettre des synthés et des instrus nous passerait. Et que franchement du blues old school en guitare-voix, c'était plus sérieux. Merci mec! On ne t'a pas oublié, bientôt l'album acoustique! 

PREMIER FOU RIRE.

Ensemble? Un mémorable à nos débuts c'est le visionnage du show des gagnants de Incroyable talents en Inde, les India Warriors... Ca mange du néon et ça se roule dessus en moto. C'était aussi notre première session home studio chez Luc à Bertrange, on enregistrait Montparnasse alors on avait besoin de légèreté...

PREMIÈRE FRAYEUR.

Sûrement la fois où Benoît s'est fait étaler dans un bar au festival du Printemps de Bourges parce qu'il avait un imper de "pédé" qui n'a pas plu à de solides et gaillards toulousains... On n'était pas encore Grand Blanc, il était bourré, les mecs aussi et on avait joué devant trois personnes dont un chien: circonstances atténuantes! C'était flippant mais finalement il s'est réveillé comme une fleur et a sobrement déclaré qu'il devait aller pisser. Le sens des priorités, quoi!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez le groupe sur son espace 

Read more: Grand Blanc

Sebastien Schuller

Sebastien schuller-Philippe-Mazzoni 2

Heat Wave est d'ailleurs un très beau titre, empreint d'une certaine poétique... Que vous évoque ce mot, "wave"?

"Heat Wave" vient un peu de l’observation des étés lourds et moites que l’on rencontre sur la Côte Est des Etats-Unis, de Philadelphie à Miami ; et des tempêtes tropicales de fin d’été - de l’imagerie que j’ai pu me construire autour. Le mot "wave" est aussi un mot que j’ai toujours aimé lier au courant cinématographique. Pour la musique, je le percevais comme un renouveau, un mouvement qui viendrait vous prendre, vous toucher où que vous soyez.

Plus affirmé dans une démarche électronique, en quoi Heat Wave est-il un accomplissement artistique pour vous?

Mes albums témoignent à chaque fois de mon état d’esprit, de mes envies et réflexions personnelles qui, du coup, en deviennent des accomplissements artistiques. Je me souviens de chaque situation, chaque détail et de quelle manière j’ai pu créer chacun de ces titres car ils sont tous très liés à des moments de ma vie.

Mais il est vrai que j’avais depuis longtemps envie de faire des titres plus rythmiques et plus dansants. Je me suis replongé dans mes souvenirs d’adolescence à l’époque ou je découvrais la musique New Wave, une influence musicale qui m’a acompagnée pendant tant d’années... et que je n’avais pas encore vraiment reussi à faire ressortir. En tout cas, le ying et le yang s’entrelacent trop chez moi pour pouvoir en faire ressortir qu’un seul côté malgré les éléments rythmiques du disque.

Le morceau "Tropical Storm" témoigne d'une genèse particulière...

À l’approche de l’ouragan Irene, je me souviens m’être promené à vélo sous des pluies chaudes avant que les arbres ne commencent à s’agiter fortement. Je pense que j’ai simplement essayé de reproduire certains des sons que j'avais pu entendre. J’avais aussi la sensation que le thème de clavier et d’orgue de ce morceau ressemblait à une face B imaginaire d’un 45t de Roxy Music que je n’ai peut être jamais écouté!

 

Pour écouter le superbe Heat Wave, c'est ici. 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace

Read more: Sebastien Schuller

Giana Factory

Giana Factory-Philippe-Mazzoni

LISBET, LOUISE & SOFIE

Comment vous êtes vous rencontrées ?

En école de musique. Nous avons mis beaucoup de temps à trouver notre mode d'expression. Nous sommes passés par beaucoup de genre de chansons, de sons, nous avons essayé une tonne d'instruments... Et Giana Factory a enfin vu le jour. 

Pour vous, qu'est-ce faire de la musique ?

Sofie: Pour moi, un musicien est quelqu'un qui ne pense qu'à écrire des chansons et à composer des mélodies. Quel que soit son niveau.
Louise: Je ne joue pas vraiment d'instrument autre que ma voix, je me considère plutôt comme une auteur plutôt qu'une musicienne. J'ai l'impression que je dois évoluer encore... Et tant mieux !
Lisbet: À 10 ans, j'ai réalisé que je ne pouvais pas vivre sans faire de la musique et j'ai donc fondé mon premier groupe.

Votre premier amour musical ?

Sofie : Brian Eno. 
Louise: Lenny Kravitz.
Lisbet : Led Zeppelin.

Que vous a apporté l'expérience de votre premier album ?

Avec Save the Youth, nous avons appris sur le tas. Nous avons été musiciennes, techniciennes et productrices au fil des étapes. C'était indispensable pour nous qui souhaitions être indépendantes. 

Quelle est l'histoire de Lemon Moon ?

Il fallait garder les chansons aussi pures que possible. Avec notre producteur Anders Trentemoller, nous avons visé un son à mi-chemin entre l'analogique et l'électronique. L'album est une sorte de voyage, de passage vers l'inconnu. C'est aussi pourquoi nous avons appelé l'album Lemon Moon ; la lune est en constante évolution et d'après nous, il existe une relation mystérieuse entre la lune et le citron. L'échelle est très différente, mais leur forme et leur couleur sont similaires. Cela joue sur notre perception de ce qui est irréel ou pas...

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace 

Read more: Giana Factory

Benjamin Booker

Benjamin Booker-Philippe-Mazzoni

 

Bidouiller sur l'ordinateur de ma soeur... Ce que je faisais pour le plaisir est devenu un album. J'ai découvert très tard le rock'n'roll car mes parents écoutaient peu de musique, et quand un disque passait à la maison, c'était de la soul, du gospel... des black songs avant tout. Je n'ai pas la même éducation artistique que la plupart des rockeurs d'aujourd'hui. J'étais au lycée quand j'ai découvert les sons qui m'influencent encore aujourd'hui, des Rolling Stones à Jack White. Mais j'aurais eu la possibilité, des années durant, d'écouter des chansons qui venaient profondément de l'âme, de la soul déchirée. Je les porte encore en moi.

J'habite à la Nouvelle-Orléans. C'est un choix car je viens de Floride, et je ne voudrais pas retourner y vivre. J'ai trop de chose à vivre ici. J'aime Nashville, New York, Paris, mais quand je suis loin de la Nouvelle-Orléans, son authenticité, son énergie mais aussi ses blessures me manquent. Ce sont elles, aussi, qui ont nourri mon premier album. Au moins autant que le whisky et le tabac!

 

Texte: Sophie Rosemont Photo: Philippe Mazzoni

Retrouvez l'artiste sur son espace

Read more: Benjamin Booker

Page 1 of 26